audebertInterview de Cyrille AUDEBERT

 

Quelle  est ton actualité en tant qu’auteur ?

J’écris actuellement la troisième aventure de Jacques Lucas et Cie.

Comme toujours, j’écris, je réécris, je réécris encore et encore, jusqu’à ce que la mélodie devienne évidente. Ça avance donc doucement mais sûrement. Aucune date de sortie n’est prévue, je tiens à le préciser.

Et sinon, je cherche toujours le temps et le ton juste pour les mémoires de mon père. Là non plus, aucune date n’est prévue. C’est l’avantage d’être son propre patron.

 

Sinbadboy, c’est une autoédition ? Ou souhaites tu l’étendre à d’autres auteurs ?

Sinbadboy Editions, c’est mon bébé. J’ai d’abord envoyé mes bouquins aux grands éditeurs : sans succès, mais c’est normal, je n’étais pas prêt.Ca m’a permis de me remettre en question et de re-bosser mes manuscrits. Dans le même temps, j’ai rencontré des personnes du métier qui ont aimé ce que j’écrivais, mais qui, sans complaisance, m’ont fait travailler mon style pendant plusieurs années. Finalement, j’ai accepté l’idée que les grands éditeurs n’attendaient pas après mon talent. J’ai alors eu plusieurs contrats en main, d’éditeurs plus petits, souvent sans intérêt. Mais le pompon, ç’a été le plus sérieux : celui qui me bloquait pour 5 romans, à 6% et 1 000 exemplaires, sans retravailler le manuscrit (qui en avait besoin) et qui voulait changer le titre de mon roman Cinquième étage en Hercule Zelnik contre les envahisseurs (!).Quand j’ai éclaté de rire et lui ai fait remarquer que Le gendarme et les extraterrestres était pas mal également, il a tiqué. Et j’ai compris qu’on n’était pas fait pour bosser ensemble.

Alors, comme j’avais toute la structure pour ça (une amie éditrice très exigeante, mon site Tir Na Nog et Cie où sévissaient des ami(e)s auteurs ou correctrices très pointues pour la forme et le fond, une graphiste très douée pour les maquettes, et mon savoir-faire pour trouver des moyens de mettre tout ça en avant), j’ai créé Sinbadboy Editions.

Grâce aux nombreux retours de lecteurs et au bouche à oreille, ça marche étonnamment bien, merci. Surtout pour un auteur qui n’existe pas dans les rayons des grandes enseignes et qu’il faut aller dénicher sur Internet.

Mon statut ne me permet pas d’étendre l’édition à d’autres pour l’instant, mais il y a suffisamment d’offres pour qu’un auteur trouve à placer son livre sans que je m’en mêle.

 

Tu as une activité littéraire relativement modérée, quelles sont tes autres préoccupations, en gros, quelles sont tes autres activités ?

Ce que contient le CV qui circule sur Internet résume bien tout cela. J’ai bien été  fort des Halles, vendeur ambulant, publicitaire, plombier, chauffeur de maître, artisan d’art, maçon, joueur professionnel, déménageur, commercial dans une entreprise de lingerie et, dernièrement, dresseur de chèvres (les puces étaient en grève) dans une ménagerie. Comme tu peux le voir, je suis d’une stabilité confondante. Actuellement, je me consacre à l’écriture avant de me lancer dans une nouvelle aventure.

 

Ce que j’ai lu, me plonge dans une nostalgie enfantine, comme quand j’ai découvert le « fantastique » ,je ne peux pas m’empêcher de penser à Maupassant, ou encore à Maurice Pons (la cruauté en moins),quelle est ton inspiration ?

Nostalgie enfantine…j’aime bien. A quoi bon écrire si ce n’est pour étonner le lecteur, le faire trembler, rire ou rêver. Comme dans les contes pour enfants… ou pas.

Mon univers est un brassage de tas d’influences. A l’origine, beaucoup de BD. Je suis un enfant de Fluide Glaciale, Hara-Kiri, L’écho des savanes. Ensuite, le cinéma américain et français des années 40 à 60. Les dessins animés de Tex Avery ou Chuck Jones, également ? Et la littérature, bien sûr, policière ou non. Mon écriture est un mélange de tout ça, et je revendique le titre d’auteur de divertissement.

 

Toujours dans un souci d’identification, (mais pourquoi je veux t’identifier à quelqu’un ?), ton collectionneur de valise et ce qu’il en advient m’a fait référence au « Fantôme de Mme Muir ».

Ce n’est pas un hasard, je considère le film de Mankiewicz comme un des plus grands de l’histoire du cinéma. La fin de Fantôme d’amour m’a été évidemment inspirée par celle de L’aventure de Madame Muir. Tout ce que j’aime est réuni dans ce film.

 

Pourrais-tu me citer quelques auteurs (ciné, littérature, BD etc..) qui te font référence à l’instant où tu lis cette question ?

Pour le cinéma : Billy Wilder, Blake Edwards, Michel Audiard (pour ses dialogues), Philippe de Broca, Tim Burton, Terry Gilliam, les frères Cohen…

Pour la littérature, totalement en vrac : Matheson, Wells, Gaiman, Roth, Irving, Thilliez, Lehane, Vargas, Pennac, Dard, Westlake, Blondin, Fallet, Desproges, Djian…

Pour la BD : Edika, Gotlib, Binet, Reiser, Franquin, De Pins…

Liste non exhaustive, bien entendu.

 

Tu as une présence sur FB qui est devenu indispensable, ton humour, tes chroniques météo, il est clair qu’un internaute ne peut échapper à ta présence, qu’en est-il ?

Echapper à ma présence ? Eh bé, comme tu y vas…

Comme je ne poste mes délires matinaux ou apéritifs sur aucun des nombreux groupes ou pages auxquels je participe, seules les personnes qui veulent les voir viennent se balader sur mon mur. Maintenant, qu’elles soient nombreuses à venir découvrir mes photos montages, mes détournements vidéos, mes films commentés du soir ou mes météos musicales est plutôt réjouissant. C’est une vitrine et un aperçu de l’humour et du ton que l’on peut trouver dans mes bouquins.

 

C’est très interactif et tout le monde s’amuse, moi le premier. Quand à ta boule de poile, Nénette, tu la martyrises, elle te persécute, mais qu’est-ce que votre relation est drôle. C’est un intermédiaire dans ta relation aux autres ?

Ahhh Nénette… Indispensable pour annoncer la météo (attachée sur le rebord de la fenêtre), elle est un baromètre d’exception. Lorsque le temps est miaoww miaooowww, crrrrr (quand on approche la main) et pfffrrrttt (quand on lui tire la queue) ça ne présage rien de bon pour la journée. En cas d’un faible gniiiiiiiii gniiiiiii qui semble venir de très loin, on peut être sûr qu’il a gelé dans la nuit. Enfin, si j’ai un doute, je colle Nénette dehors pour être sûr que l’air est encore respirable et la pluie non toxique. N’appelez pas la SPA, la chatte adore ces sévices et nos rapports sont très cordiaux.

D’ailleurs, chaque matin depuis des années, Météo-France m’appelle avant d’actualise ses cartes. Nénette est devenue une véritable star internationale.

Elle est aussi un peu comme la souris de Gotlib accompagnant Gai Luron, ou encore la coccinelle du même auteur. Sauf qu’elle adore passer des heures dans le congélateur, le mixeur ou le lave-linge, et me pourrir les nuits en escaladant l’armoire de la chambre par son versant le plus escarpé…quand elle ne me réveille pas toutes les heures pour voir si je vais bien. Cette bête est très attentionnée.

Si tu devais me citer trois romans (tous genres confondus) ?

Neverwhere de Neil Gaiman. (Drôle, fantastique : un bouquin qui me rends heureux quand je l’ouvre).

Le monde selon Garp de John Irving. (Indispensable. En le lisant, j’ai découvert qu’un auteur pouvait relater des événements graves avec humour. J’écris aussi un peu grâce à lui.)

La boîte à pêche de Maurice Genevoix.(Un hymne à la Loire. Je suis un Breton amoureux du fleuve)

 

Trois films ?

La nuit du chasseur  de Charles Laughton.

Diamants sur canapé de Blake Edwards.

Les Tontons Flingueurs de George Lautner.

 

Un blog ? (peut-être le mien…)

Le tien, bien évidemment (c’est comment le nom déjà ?…), mais aussi l’incontournable « Bibliofractale » de la génialissime Christine Laverne et la mine d’or qu’est « Fiches-Livres » de Krii et Elleon, deux blogs tenus par des passionnés de romans noirs.

 

Un grand merci à Cyrille Audebert

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