marqueUn soir alors qu’elle rentre chez elle, la jeune Alyssa Merrimon disparaît.

Un an après, Johnny, son frère jumeau, fouille toujours leur petite ville de Caroline du Nord rue par rue, s’introduisant chez des hommes soupçonnés de comportements déviants, au risque de se faire prendre. Clyde Hunt, le policier chargé de l’affaire, le surveille discrètement, tout comme sa mère qui reste inconsolable. Mais la disparition d’une deuxième fillette, suivie de plusieurs découvertes macabres, va ébranler la petite communauté et menacer Johnny…

John Hart a une manière très particulière de brosser le portrait d’une enfance dévastée entre violence et enchantement. Tous ceux qui comme moi aiment  le King de « Stand by me » se retrouveront autour des personnages de Johnny et Jack, deux ados de la campagne confrontés à de terribles évènements.

La scène au bord de la rivière, où ils picolent en tentant de s’arracher des serments réciproques de « ne me laisse pas tomber », rappelle étrangement la découverte du cadavre chez King et la violence qui en découle.

L’auteur nous promène à travers cette petite ville, suivant les errances vengeresses de Johnny, ses périples nocturnes, qui nous font penser que nous sommes dans un n id de meurtriers, de pédophiles, de monstre. Et s’il est bien un monstre dans ce roman, c’est bien Ken Holloway, l’homme respectable de la ville, le maitre des lieux, arrogant ,violent, profiteur, celui qui possède toutes les relations susceptibles d’interrompre la carrière de Clyde Hunt, et particulièrement son enquête sur les disparitions.

La mère de Johnny, sous la coupe de Ken se noie dans les médicaments, ressasse la disparition de son mari et sa chute sociale. Il y a plusieurs récits dans le récit, des éclairs de violence et surtout le sentiment perpétuel du danger dans lequel évolue Johnny. Johnny, un ado meurtri, prêt à tout pour s’empêcher de penser que sa sœur est morte, alors il va secouer ce tas de boue qu’est cette bourgade, non sans conséquences. C’est beau ! C’est épique comme une quête !

J’ai accroché de la première à la dernière page, pas de temps mort mais pas d’agitation inutile, rien ne se perd dans ce roman tout est essentiel, même le personnage de l’indien, SDF, à moitié fou et mourant, vivant dans les bois, telle une créature magique, un géant délirant, expiant lui aussi sa souffrance.

« Il regarda le gosse, son nez pelait, il avait ce teint cireux dû au manque de sommeil, à la malnutrition… Il était jeune, une dizaine d’années, chétif, des cheveux noirs, hirsutes, une entaille en dents de scie, comme s’il se l’était faite lui-même… »

« Ken avait tabassé sa mère, lorsqu’il avait tenté de s’interposer, l’autre lui avait fait sa fête à son tour. C ‘est là que tout avait commencé : impuissance et sang, des prières vaines, un livre à la tranche dorée qui parlait d’humilité et de soumission, rien de tout cela ne lui avait donné des forces… »

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