11Il distingua des enfants à genoux, broyés par des ogres…

Dans un Paris survolté en proie à une crise sociale sans précédent, la violence éclate à chaque carrefour : partout, des voitures brûlent, des bandes de casseurs se livrent au pillage et au vandalisme. Les flics, débordés, s’engagent avec l’énergie du désespoir dans une croisade sans merci.

Mais quel talent ! Un premier roman d’une justesse remarquable, et pourtant le sujet est plus que casse-gueule, la pédophilie. Contrairement à d’autres thrillers évoquant ce thème, ici pas de complaisance.

Ici c’est l’enquête qui est au premier plan, ce sont les enquêteurs qui sont de vrais héros, des héros chevaleresques prêts à tout pour sauver les enfants, il y a quelque chose d’épique. C’est donc à une épopée que nous assistons, avec des personnages d’une originalité rares dans ce domaine, originaux parce que ordinaires dans leurs vie, pas plus névrosé que n’importe qui, certains souffrent de l’impact de leur travail sur leur vie privée. Mais c’est cette enquête qui va définitivement les changer, parce qu’ils seront confrontés au MAL, pas le serial killer, ni le psychopathe écumant de rage contre ses semblables, non, le MAL. La société et ses travers, ses rouages, son ivresse de plus de pouvoir, plus d’argent. La société qui exècre l’humanité.

Une construction millimétrée, un rythme haletant, j’ai terminé « La Onzième Plaie » en apnée. Il y a une succession de morceaux de bravoure dans ce récit, qui laisse K.O, avec un décor apocalyptique d’émeutes et de violence, qui fait intégralement partie du roman. C’est vous dire à quel point rien n’est laissé au hasard, le moindre détail à son importance.

Comme vous l’aurez compris, j’ai adoré, et je remercie Mr MOLAS d’avoir fait son apparition dans le monde du thriller français et du thriller tout court, je ne peux que lui souhaiter un avenir brillant.

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