marque« Tu veux savoir où est le gamin…alors je vais te dire où il est pour qu’ils ferment leur gueule…ces enculés de morts »

Jack Burn, sa femme enceinte et leur petit Matt sont agressés un soir par deux membres du gang des Américains. Ex Marine réfugié en Afrique du Sud, Jack les tue… Le vieux veilleur de nuit Benny Mongrel a tout vu. Ancien du gang des 28, il vit dans l’enfer des Flats et, craignant de replonger il se tait. Jusqu’au jour où le flic Gatsby Barnard l’interroge. La guerre est alors déclarée et tous les coups sont permis, d’autant plus que Barnard est lui-même sous la surveillance de Disaster Zondi, un enquêteur zoulou qui veut sa tête.  

J’avais été gravement secoué par la lecture de « Blondie et la mort », deuxième opus de Mr Roger Smith, mais là j’en sors K.O, comme si toute cette violence s’était imprimée dans ma chair, meurtri, perclus.

Pas un espace de respiration de la première à la dernière ligne, des évènements en cascades, des explosions de violence, il y a dans ce roman un aspect inéluctable, on peut se prêter à penser dans certaines situations que « non ! Il ne va pas le faire.. » et pourtant si car tout doit se dérouler pour nous emmener vers l’apocalypse. Bienvenue en Enfer !

Car c’est bien d’enfer qu’il s’agit : Le Cap, Afrique du Sud, ses bidonvilles, ses gangs, ses trafics, ses meurtres…ses collines verdoyantes et ses riches propriété appartenant aux blancs. L’Apartheid a laissé des cicatrices qui jamais ne se refermeront telles les sévices des Escadrons de la mort, jugeant et punissant en même temps, faisant disparaitre les corps des suppliciés dans les flammes, tout en dégustant un barbecue à proximité, au nom de la suprématie blanche et de Dieu.

Gatsby Barnard est un personnage hors du commun comme jamais je crois n’en avoir rencontré en littérature, il est le mal à l’état pur sans en avoir les atours de séduction, obèse, rongé par des démangeaisons et des hémorroïdes, il pue, déteste le reste du monde à part sans doute un pasteur en face terminal de cancer complètement illuminé et pédophile de surcroit, il tue comme il respire femmes et enfants.

Il existe un point commun entre les personnages, ils veulent tous maintenir le plus loin le sentiment de « culpabilité », à part Susan, prête à tout pour expier ses fautes et celles de son mari dans l’espoir de se libérer. Mais je crois que Roger Smith ne s’autorise aucun rescapé.

Publicités