marqueAn trois de la République. Lyon, ville insoumise, endure la plus sanglante des répressions. Fuyant la soldatesque, une nonne accepte l’invitation d’une étrange vieille, croisée au détour d’un chemin.

Marceline restera à Malfront, contrainte et forcée par les effets d’onguents qui vont l’éloigner du Seigneur. Elle accouchera, malgré elle, d’une descendance bercée de maléfices qui ne s’éteindront jamais.

Juin 2007. A Martebrun, paisible bourgade des Monts du Lyonnais, on égorge, on flingue, on assassine ! Trio improbable, un commissaire alcoolo-dépressif, un écrivain fantôme et une fliquette néogothique tentent d’enrayer l’hémorragie des notables…

Accrochez-vous pour vous repérer dans ce roman (qui mérite vraiment qu’on s’accroche), on navigue entre deux époques, les origines de la malédiction et les crimes commis à notre époque, chaque personnage possédant un nom et un surnom, il faut se repérer… mais dès que les choses se mettent en place, on s’y retrouve avec l’aide… d’un chêne, car c’est lui, un arbre millénaire qui est le personnage central et le narrateur de ce récit.

Lui, le témoin de l’histoire de Malfront, lui qui en vieillissant étend ses racines pour accéder à tous les mystères de Martebrun, lui qui essaiera de s’étendre jusqu’à la combe pour tenter d’enrayer la malédiction. Une avalanche de meurtres un peu comme un Simenon sous acide, des enquêteurs qui se doivent de changer leurs codes pour parvenir à la vérité.

C’est aussi un magnifique roman « rural » car la peinture de ce monde reculé et pourtant si près du milieu urbain est d’une justesse exceptionnelle. Je me permettrai une anecdote perso : dans les années 80 je fus assistant véto dans le cadre de la prophylaxie bovine et ovine, à 25 kms de Lyon il n’était pas rare d’être reçu au fusil par un père et son fils vivant à même l’étable entourés de fumier (je le garanti, c’est authentique).

Pourquoi cette anecdote ? Parce que j’ai retrouvé dans cette lecture, cette saison de prophylaxie avec une authenticité rare. Vous serez surpris de rencontrer vos voisins encore hantés par le malheur de l’Histoire et capable du pire quand leurs croyances ancrées dans leur généalogie pourraient un jour vous tuer.

Retrouvez la chronique de Les mémoires de Mathilde, Connemara Black, ainsi que la masterclass animée par Gérard COQUET pour l’émission Cross the line !                        

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