telechargement--2--copie-6La croyance en une source surnaturelle du mal n’est pas nécessaire, les hommes seuls sont capables de toutes les méchancetés. Joseph Conrad

Iconographie ou iconologie ? La première représentation vise à illustrer le culte divin, la deuxième vise à une pédagogie du culte. C’est précisément là où se situe l’ouvrage, il est une démence qui renie la beauté, sa propre beauté pour la magnifier dans une leçon apportée à tous de la souffrance. Ce personnage est un personnage illuminé, hanté par sa beauté et sa relation à la déité. Peux-t-on incarner l’image sublime d’un Dieu quand on est un pauvre humain, prisonnier de son apparence.

Quand se produit la rencontre d’un Mallock, toujours au bord de l’implosion, un Mallock souffrant de la perte de son fils, un Mallock recourant à des substances illicites pour se procurer des visions qu’il pense être indispensables à son raisonnement dans cette enquête, il n’est jamais que le miroir de l’autre qui pense toucher à l’aspect divin de sa quête. Partons à la recherche de la vérité.

Mallock veut neutraliser un tueur par tous les moyens, un tueur qui veut rencontrer Dieu par tous les moyens. Le deuxième s’est frotté à l’iconologie au mépris de son identité, il cherche la représentation la plus exemplaire du martyr, celle qui laisserait un semblant de vie sous la couche d’enluminure. D’ailleurs ne laisse-t-il pas vivante, ou à moitié morte, la personne la plus proche de Mallock, celle en qui il remet ses sentiments éteints.De deux choses l’une, soit Mallock est un intouchable, soit il est un homme suffisamment méritant pour avoir la compassion d’un des pires tueurs en série qu’on ait inventé , et là Mallock grandit, devient ce qu’il sera dans les prochains romans, un enquêteur unique comme son créateur. Parce que son créateur est un homme remarquable de talent. Doublé d’un homme érudit.

On ne peut qu’aimer Mallock, dans cette entreprise unique d’une entité faite de l’écrivain et son personnage. Chapeau et merci pour le bonheur du lecteur. Comme d’hab’ vous le lisez et on en parle…

Retrouvez la chronique de Mallock : Le cimetière des hirondelles.

Publicités