dieu« Le retour des revenants ne fait pas qu’exercer une justice personnelle ou témoigner du retour du refoulé, il vient dénoncer une iniquité collective». Alexandre GEFEN

Pas de quatrième de couverture. Allons directement à la chronique.

J’avais le choix entre traiter cet ouvrage comme un polar (au sens classique du terme) ou encore oser m’aventurer dans la noirceur sous-jacente du récit, qui malgré les quelques incursions arlequinesques, (peut-être pour nous mettre en repos) m’a brisé émotivement car il est question de morts-vivants ou en passe de l’être.

Les quatre personnages principaux ont perdu tout appétit de vivre, ils ont subi des dommages dont ils sont conscient, soit ils vont mourir vivant, soit ils vont mourir pour de vrai. La vengeance est un thème récurrent dans la littérature et le cinéma.

Depuis Alexandre Dumas et d’autres bien avant, le comte de Monte-Cristo a rejoint Léonardo DiCaprio pour « The Revenant ». Il apparaît que la vengeance s’opère à travers des gens morts ou supposés l’être.

Philippe SETBON a mis en scène sa galerie de personnages. A chacun sa souffrance, elle peut être moindre pour certains, mais qui sommes-nous pour juger. Être vivante, grosse et moche est un fardeau insupportable au même titre que d’être largué et en manque d’inspiration. Être en deuil est aussi éprouvant (peut-être) que de vivre une vie vide par procuration.

Tous ces états forment un roman très noir si on lit entre les lignes et qu’on essaie de distinguer les intentions de l’auteur.

« Cécile et le monsieur d’à côté » parait bien léger au regard de la noirceur de « Petit bonhomme ». C’est une trilogie, une trilogie intelligente qui décline tous les aspects de la vengeance. Méfions-nous de la claque à prendre avec « Un avant-goût des anges », le troisième volume.

Philippe SETBON recevra le Prix Spécial Dora-Suarez-leblog le 9 Avril 2016 à la Librairie Un petit Noir à Lyon pour sa trilogie de la vengeance.

Retrouvez les chroniques de Cécile et le monsieur d’à côté, Un avant-goût des anges, Les gens comme Monsieur Faux, ainsi que l’interview de Philippe Setbon par Dora-Suarez.

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