traquenardsRarement, un ouvrage n’aura aussi bien mérité son titre.

Le traquenard est selon la définition un piège tendu pour capturer les nuisibles, ou encore une allure du trot d’un cheval défectueuse. Je crois que dans ce roman, le piège n’est jamais tendu aux nuisibles, mais tendu par les nuisibles eux-mêmes. Quant à l’allure, elle est défectueuse de fait, et pour cause certains protagonistes s’échinent par leur incompétence à faire boiter une mécanique pourtant bien réglée. Comme un inversement des rôles.

La justice est prise au piège d’une organisation qui devrait être sans faille s’il ne s’agissait de deux malfrats très compétents dans la violence mais inaptes à toutes réflexions. Ce sont les arguments de ce récit, très classique du thriller. Mais là où se distingue Alan BRENHAM, c’est dans la déshumanisation du propos. Déshumanisation !

Il est rare de constater en tant que lecteur à quel point ça fait mal de voir parler des personnes d’autres personnes, leur identique, leur féminité ne sont plus que des objets, du prêt-à-porter, du prêt-à tuer. Aucuns détails des transactions ne nous sont épargnés, et là, ça fait mal. Parce que nous parlons de jeunes femmes, comme vous et moi. Imaginez un instant que sans le savoir vous êtes la proie désignée par un homme d’affaire en chair humaine qui vient de passer commande à des prestataires de service. Vous disparaîtrez, votre humanité disparaîtras, vous deviendrez un lot de viande dans un avenir très noir.

Je m’interroge sur l’axe d’écriture que l’auteur a voulu prendre. Lecteur, j’ai très vite délaissé Brady pour suivre Weaver et Chiles avec leurs relations, leurs histoires intimes, leur façon qu’ils ont de justifier leurs actions. De sales bêtes, mais touchantes. Le thème est délicat à traiter, Andrew VACCHS à l’époque s’y était frotté avec beaucoup de talent, Alan BRENHAM aussi.

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