demoniaquesLa vie est une chose hideuse, et à l’arrière-plan, derrière ce que nous savons, apparaissent les lueurs d’une vérité démoniaque qui nous la rendent mille fois plus hideuse. H. P. LOVECRAFT

Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie. Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel. Sa fille Kimmy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oubliera sa colère.

Personne n’a le droit de vivre dans cette histoire, à part Kimmy et Henry dont la vie est déjà assez déglinguée, ils sont déjà morts. C’est répugnant, odieux, choquant et pourtant tout ce que nous ne voulons pas lire nous le lisons. Une addiction à l’abjection pendant 393 pages. Mais pourquoi on ne ferme pas ce livre ? Il est insupportable.

L’auteur a choisi une forme de récit longiligne, dans le sens que si on ferme l’ouvrage par pudeur (fausse) on ne verra jamais ce qu’il advient des protagonistes. Ces diables. Notre curiosité (parfois malsaine) nous emmène vers ces rivages délirants de violence et de sexe.

J’ai beaucoup hésité à chroniquer ce roman, par mon aversion vis à vis de la pédophilie, c’est un sujet qui mérite une maîtrise des mots et des situations si on ne veut pas sombrer dans une satisfaction perverse. Là, j ‘ai reconnu chez Mattias Koping un choix délibéré d’exagération, de caricature. C’est un gunfight permanent, seulement apaisé parfois par la rencontre de Kimmy et Henry.

Cette histoire pue la poudre, le sperme et le sang. Je ne sais pas si l’auteur s’est laissé aspiré par son récit mais tous les mots puent. Ce n’est pas un roman, c’est une vision apocalyptique de notre société concentrée dans un microcosme rural. L’Ours est une bête, Dumontier une autre bête qui est régie par des lois iniques.

L’Ours est une bête de pulsions.
Dumontier une bête de marché.
Kimmy est morte avant d’avoir existé.
Henry meurt peu à peu.

Dans le monde de Mattias Koping la vie n’existe pas, elle est morte d’avance, mais dans quelles souffrances.

Un trailer du roman existe sur YouTube, insupportable.

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