couverture de crimes à la croix-rousse jacques morize dora-suarezL’homme n’est pas fait pour être vivant. Jean-Marie GOURIO

Un concessionnaire automobile, affairiste sans scrupules, reçoit une lettre de menaces qu’il oublie au fond d’un tiroir jusqu’à ce qu’il subisse une série d’agressions à la peinture rouge, dont la dernière se terminera tragiquement. Dans le même temps, Luron, son avocat, est égorgé par deux inconnus. Le commissaire Abel Severac, patron de la brigade criminelle, est chargé de retrouver les auteurs de ce crime.
Plusieurs pistes sont explorées, du vieux truand qui s’est juré d’avoir la peau de l’avocat, en passant par la maîtresse de celui-ci, avant de glisser vers le trafic de drogue auquel se livre un de ses amis, lequel sera, lui aussi, occis avec une cruauté barbare. Mais la vérité est tout autre et prend ses racines dans un passé qui relie tous les protagonistes…

La 4ème enquête du commissaire Severac… Dans le 4ème arrondissement de Lyon.

Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle entre la gastronomie et les écrits de Jacques MORIZE tant le bonhomme est un gourmet de nourritures autant terrestres qu’intellectuelles. Alors, oui ! Les enquêtes de Severac, comme le bon vin se bonifient avec le temps.

La patte de l’auteur c’est ce savant mélange de truculence (on relèvera l’empreinte d’un Audiard ou de San-Antonio) et de polar noir ancré dans une société de “petits” nantis sans scrupules qui préservent leurs affaires et leurs secrets – de famille ou de business- au détriment de toute légalité et encore moins de loyauté. Ce sont le plus souvent des lâches “Tant que les autres meurent ce n’est pas moi qu’on assassine”.

Dans ce quatrième volume, la mayonnaise (encore une allusion gastronomique) entre ces deux aspects se révèle encore plus compacte que dans les précédents. Et pourtant le récit est loin d’être simple, plusieurs affaires se croisent puis s’entremêlent au détour des cadavres qui s’amoncèlent, parce qu’on meurt beaucoup dans cet ouvrage et le plus souvent pas de la plus belle des manières.

On retrouvera Abel Severac avec ses manies, ses impulsions qui parfois le font frôler la rage, sa droiture, son appétit pour le sexe féminin, ses mensonges, son refus de la hiérarchie, ses coups de gueule et maintenant son rôle de père puisque son fils l’a rejoint pour terminer sa scolarité -quelques moments très touchants dans leur rencontre-.

Pour les lecteurs qui se perdraient un peu dans le labyrinthe de l’enquête, Jacques MORIZE fait dire à Severac dans le tout dernier chapitre un résumé complet, un peu à la manière d’un Hercule Poirot chez Agatha Christie.

A l’heure où j’écris ces lignes vient de sortir en librairie la 5ème enquête de Abel Severac : L’inconnu de la Tête d’Or.

AO Editions

 

Ludovic FRANCIOLI

Retrouvez les chroniques de romans du même auteur :
Le fantôme des Terreaux
Rouge Vaise
Tome 1 de la collection Dora-Suarez aux Editions AO
Tome 2 de la collection Dora-Suarez aux Editions AO

 

Publicités