Le pensionnat des innocentes, original Silent Scream d’Angela Marsons.

Dora-Suarez Le pensionnat des innocentes Angela Marsons

Perdre sa jeunesse est vraiment un drame absurde et silencieux. Douglas COUPLAND

Les secrets les plus sombres finissent toujours par refaire surface.

2004. En pleine nuit, cinq individus scellent un pacte au-dessus de la tombe qu’ils viennent de creuser.
De nos jours, Kim Stone, enquêtrice au tempérament rebelle et solitaire, se voit confier une nouvelle enquête. Teresa Wyatt, directrice d’école, a été retrouvée noyée dans sa baignoire. Peu de temps avant sa mort, elle s’était intéressée à une fouille archéologique prévue autour d’un foyer d’accueil où elle avait travaillé avant que le lieu ne soit entièrement détruit par les flammes. Un autre employé du foyer est à son tour retrouvé assassiné. Kim qui a connu, enfant, l’assistance publique, est profondément impliquée dans cette enquête. Au mépris des procédures, elle demande aux archéologues de commencer leurs fouilles : plusieurs squelettes sont retrouvés…

La pelle était passée de main en main. Certains s’étaient montrés hésitants, incertains. Personne en revanche n’avait résisté et personne non plus n’avait soufflé mot.

Bien ! Commençons à déminer le terrain. Ce déminage va nous permettre de ne pas perdre de lecteurs.
Tout d’abord -et j’y tiens- Kim Stone n’est pas ce qui semble la définir dans les premières pages du roman (la flic rebelle à moto surpuissante -tout ce que je déteste-), elle a une profondeur dans les caractéristiques de son personnage suffisamment rare dans le genre, elle possède une histoire, son passé fait partie intégrante de l’intrigue mais n’en est pas la clef.

Dora-Suarez Silent Scream Angela MarsonsPour finir, j’ai contemplé la tombe.
Elle passerait inaperçue au milieu des traces laissées par la fête foraine. La fille avait toujours voulu aider les autres, servir à quelque chose, avoir une raison d’être. Voilà qui était fait. J’ai piétiné le sol en reculant d’un pas. Je l’ai remerciée d’avoir gardé mon secret.
Elle s’était enfin rendue utile.

Là, il y a du très lourd dans la catégorie psychopathe.
Aucune raison de passer à l’acte, seul l’acte compte pour se forger une identité très particulière : je ne suis pas un homme, je suis un psychopathe, je tue et c’est le seul sens que je veux donner à mon existence. C’est un choix délibéré, au même titre que de devenir footballeur, il faut être motivé, s’entraîner beaucoup pour être au top de son niveau.

Prenez deux enfants, posez la question “Qu’est-ce-que tu veux faire quand tu seras grand ?” l’un vous répondra “footballeur” avec cette pointe d’enthousiasme et d’impatience, lui vous répondra sur la même tonalité “psychopathe” -et j’y travaille dur-.

Je souhaite que vous appréhendiez les extrêmes que vient caresser ce roman, il n’y a aucune demi-mesure, l’affrontement sera brutal, non seulement dans les faits mais dans la psyché de chacun. Sauf un…

L’histoire de Kim est une histoire triste mais avec une fulgurance qui vous racontera son amour pour les motos et ce passage m’a tiré les larmes, c’est beau comme du Pat Conroy.

Pour finir, j’accorderais volontiers à ce roman -parmi quelques autres- le titre de référence du genre “thriller”.

 

Ludovic FRANCIOLI

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