Dora Suarez Le sécateur Eric CourtialLa vérité, ça peut couper les mains et laisser des entailles à ne plus pouvoir vivre avec, et la plupart d’entre nous, ce qu’on veut, c’est vivre, le moins douloureusement possible. C’est humain. Philippe CLAUDEL

Après Tunnel, le précédent roman d’Eric Courtial, retrouvons le commissaire Patrick Furnon lancé dans une recherche contre la montre d’un serial-killer dans les rues de Lyon.

Cet auteur, comme je l’avais déjà souligné dans la chronique de Tunnel, est un métronome, un électro-cardiogramme. Rien ne doit s’arrêter, alors il maintient un rythme dans son récit, sous peine de mort. Pas n’importe quelle mort, celle de l’auteur… Je m’explique : l’intrigue est convenue, les ressors émotionnels surviennent quand on ne les attend pas, l’issue est palpable.
J’ai sans doute l’air de dire que nous lisons un bon navet ?

Pas du tout !

Car sous ce récit qui ne cesse de nous rappeler quelque chose, perce le talent de l’auteur qui nous dit “tu connais un peu l’histoire, ça te titille la mémoire, bien sûr si tu es un lecteur assidu de polar tu vas découvrir les choses avant Furnon, il va même t’agacer de rester à la traîne de toi, et pourtant, je te prends par la main et je me mets à courir, au tiers du roman je prends un mur en pleine face, -toi aussi- mais on repart, ensemble”.

La vraie raison d’aimer ce roman c’est de vouloir perdre haleine, de s’infliger cette douleur d’apnée et de s’infliger cette fulgurance de violence dans les pages 90. Ce qui pourrait être une pause dans la traque devient un gouffre. Encore une fois, ce sens du rythme et de la cassure, des altérations, des changements de tonalités nous font entrevoir un auteur qui sait orchestrer la musique du noir.

 

Ludovic FRANCIOLI

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