Chronique La maison dans laquelle Mariam PetrosyanQue tu lui donnes un crayon
Et l’enfant bâtit sa maison
Claude Nougaro

Dans la Maison vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d’avant.
Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis.
Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres.
Dans la Maison vous connaîtrez l’amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l’existence, et même quand vous serez seul, ce ne sera jamais
vraiment le cas.
Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, le temps ne s’écoule pas toujours comme il le devrait, et la Loi y est impitoyable.
Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans, transformé à jamais et effrayé à l’idée de devoir la quitter.

A dix-huit ans, Mariam Petrosyan ébauche les personnages qui deviendront les héros de La maison dans laquelle, roman qu’elle écrira pendant une dizaine d’années sans chercher à le faire publier, mais dont elle finira par laisser un exemplaire du manuscrit à des amis russes.

Quinze ans plus tard, après être passé de lecteurs en lecteurs, comme un trésor secret, celui-ci tombe entre les mains d’un éditeur qui le dévore en quelques jours. A sa sortie en 2009, le livre est nominé et, lauréat de nombreux prix devient un best-seller.

La maison dans laquelle est le seul roman de Mariam Petrosyan. Tout comme elle dit ne pas vraiment l’avoir écrit mais y avoir vécu, s’y être réfugiée soir après soir, elle ressent un grand vide depuis sa parution. C’est beaucoup plus qu’un roman, c’est une expérience à nulle
autre pareille. La maison dans laquelle est une envoûtante publication de Monsieur Toussaint Louverture.

 

Cette chronique appartient à l’éditeur

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