Il est à remarquer que les hommes les plus fantasques se trouvent parmi les gens adonnés au commerce de l’argent. Ces gens sont , en quelque sorte, les libertins de la pensée. Pouvant tout posséder, et conséquemment blasés, ils se livrent à des efforts énormes pour se sortir de leur indifférence. Honoré de Balzac 
“Les perles du collier, entraînées dans un sillon de sang et d’eau de pluie, englouties par la bouche d’égout, seront vomies dans le fleuve purificateur après un voyage dans les entrailles de la ville.”

Par une nuit pluvieuse, le commandant Farel, chef de groupe de la BRB, se penche sur le cadavre d’une femme tuée par balle et qui a apparemment fait le saut de l’ange depuis le 7ème étage d’un immeuble de la rue des Fantasques. En remontant la piste de ce qui semble être un contrat, Farel fait sortir du bois quelques personnages sulfureux dont une redoutable femme d’affaires, quelques uns de ses nombreux amants, plusieurs mafieux géorgiens et, entre autres, un ministre en exercice… Grand banditisme, arnaque à la taxe carbone, banques maltaises, réseaux criminels, qui tire les ficelles de tout ce beau monde ? Des comparses abattus, des serments trahis et une course poursuite dans le gigantesque réseau souterrain de la ville obligeront Farel à révéler au grand jour les dérives de ceux qui nous gouvernent.

C’est le meilleur des quatre ! Après ​Farel, Tortuga’s bank et Violence d’Etat, maintenant ​Rue des Fantasques. André Blanc a la maîtrise de son intrigue et de ses personnages comme jamais. Par une rigueur d’écriture, de scénarisation, de documentation, un impératif de ne pas “trop en faire” pour rester crédible. C’est justement cette crédibilité qui fait froid dans le dos. Cette crédibilité qui est manifeste dans le choix des mots, la construction des phrases, l’articulation du récit. Ici, point besoin de discourir, de remplir du texte, d’ornementer, de digresser, André Blanc va droit au but avec des phrases courtes dans lesquelles l’essentiel est dit.

De prime abord, la taxe carbone c’est pas mon truc. Je l’ai vu traitée par Marchal et l’enthousiasme m’a fait défaut. Pourtant nombres d’analogies sont présentes, comment faire autrement quand on décrit le même monde d’escrocs, mais il y a l’art et la manière. Manions les poncifs du genre et nous obtiendrons un excellent téléfilm, mettons la manière et le talent et nous obtiendrons un excellent roman, ce qu’est Rue des Fantasques d’André Blanc .

Ce roman reçoit le 31 Mars 2018 le Prix Dora-Suarez “LYON POLAR”.

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