Une nuit blanche vous fait voir le jour le plus sombre. Josselyn Pagliarini

Saint-Florentin, trois mille deux cents habitants répartis dans un isthme, encerclés par le Lot.
Un hôpital reclus dans les bois et une tempête qui déferle sur le village.
Julie est interne dans un des services du centre hospitalier et n’aspire qu’à une seule chose, une nuit de garde calme. Mais l’arrivée d’un nouveau patient vient bouleverser ses projets.
Un homme plongé dans le coma, escorté par deux gendarmes, va perturber la quiétude du centre hospitalier. Aussitôt après son admission, les tragédies s’enchaînent.
Une nuit d’enfer se profile.

Au début de ma lecture j’ai été embarrassé par le caractère stéréotypé des différents personnages : l’interne plutôt ravissante mais un tantinet hystérique, l’infirmière baroudeuse, râleuse à qui “on ne la fait pas”, l’infirmière toute nouvelle, hypersensible et complètement fleur bleue, l’aide-soignante suicidaire, l’aide-soignant beau gosse sur qui on peut compter, le deuxième aide-soignant obsédé sexuel. Et “LE” patient si bien nommé : Archibald Tourmenteur.

Puis la lecture reprend ses droits, tout comme elle guide le récit à travers la découverte du dossier psychiatrique du sieur Tourmenteur que Julie entreprend de lire entre des évènements qui se succèdent, l’absence de réseau téléphonique avec une tempête et des crues de plus menaçantes qui bloquent certains accès à l’intérieur même de l’établissement, sans compter qu’au fil de la nuit une ombre rôde dans les couloirs et les meurtres sauvages se succèdent quand ce ne sont pas les patients qui décèdent de manière inexpliquée.

Jusque là, rien que de très classique dans l’organisation d’un thriller.
Mais, car il y a un “mais”, l’auteur n’a pas choisi le cadre le plus simple pour distiller son récit, il a choisi le huis-clos, un concept qui peut être tout à fait “casse-gueule” si on ne le maîtrise pas et il s’en sort très bien.
On comprendra, dans la dernière partie du récit pourquoi cet enfermement et sans spoiler ce roman, je peux annoncer que la porte s’est ouverte sur Archibald Tourmenteur entrainant avec lui les flammes de l’Enfer et s’est refermé sur ses victimes.

Dans le twist opéré par l’auteur pour donner un sens à son roman et bien sûr nous scotcher sur la page de fin il y a quelque chose de  Stephen King– l’ignorance de qui nous sommes, de ce que nous sommes – peut conduire au plus grand des périls.

Je le conseille volontiers

 

Ludovic FRANCIOLI

 

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