chronique dora-suarez l'ombre des derniers cathares Alain Roumagnac

La main de Dieu est visible sur les choses humaines, mais cette main même a une ombre qui nous cache ce qu’elle accomplit. Alphonse de LAMARTINE

Déboussolé par le décès de sa femme, Richard Quayrane, lieutenant de police à Nanterre, étouffe dans son métier et dans ce monde qui ne sait pas bien où il va.
Désabusé, il prend sa retraite et fait table rase, mais très seul, il chavire lentement.
Un matin, l’appel qu’il reçoit d’un notaire toulousain va faire basculer sa vie.
Aidé de son ancien coéquipier, d’une experte en œuvre d’art et d’un vieux prêtre mystique, qu’il entraîne avec lui, il va se débattre dans une sorte de quête, aux confins d’une très vieille guerre presque oubliée, où le bien et le mal se disputaient leur place.
Les fantômes cathares, que l’on pensait perdus, surgissent et reviennent à la charge.
Mais le mal n’est jamais très loin.
Pour protéger des secrets qui ne doivent pas émerger, le fanatisme aveugle a versé le sang et s’apprête à tuer de nouveau.

Sans y prêter plus d’attention que ça, on pourrait se croire plonger dans un “Da Vinci Code” à la française. Mais il n’en est rien.

La lecture que j’ai eu de ce roman m’a fait placer en seconde place l’intrigue historique, métaphysique pour m’immerger totalement dans la psychologie des personnages. Ils sont beaux ces personnages,- chacun à leur manière mais le regard tourné dans la même direction. Bien sûr cette quête du tombeau -mais surtout l’accomplissement de leur vie, la rédemption, le pardon, une forme de renaissance- habilement mise en scène par l’auteur sous la forme de “déterrons les morts pour leur donner une sépulture à leur mesure” mais déterrons les vivants de leur enlisement dans le mensonge, l’erreur et la claustration.

Tout ce discours peut paraître un peu grandiloquent, même si c’est l’essence  de ce roman. C’est pourquoi j’aimerais amener une note de fraîcheur dans cette chronique.

Ces compères-là sont à l’image du club des cinq, des compagnons de la marguerite, la vie et l’amour bouillonnent en eux, c’est leur jeunesse qu’ils sont en train de reconquérir, leurs idéaux, tout ce qui les animait avant que les aléas de la vie, la lassitude et les colères ne fassent leur travail d’érosion.

Je recommande particulièrement ce roman, eut-égard à la ténacité de l’auteur mais surtout à l’amour qu’il a porté pendant dix ans à ses personnages, son pays et son histoire.

Ludovic Francioli

 

 

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