chronique Dora-Suarez Les-fantomes-du-passé Gaelle Perrin Guillet

Cependant dans mon âme, un regard chimérique vient montrer ton fantôme à mes aveugles yeux. Fabrice COLIN

Londres, 1893 : une calèche explose, tuant sur le coup un notable. La police est désemparée, d’autant que le meilleur inspecteur de le ville, Henry Wilkes, a rendu son insigne. Aux prises avec ses démons intérieurs, il dépérit sous le regard inquiet de son fidèle Billy, le gamin des rues qu’il a recueilli.
Mais quand “le meurtre de la calèche” prend une autre dimension, Henry ne peut rien faire d’autre que reprendre du service. En effet, tous les indices désignent un coupable : Gareth, le propre frère de Henry… mort des années plus tôt.
Est-ce une machination ? Ou bien son frère serait-il encore vivant ?

L’inspecteur déchu risque fort de réveiller les fantômes du passé dans cette ville où trahison et mensonges sont monnaie courante et où le danger est à chaque coin de rue.

 

Soyons très franc, l’intrigue est d’un classicisme convenu, comme le précédent opus.

Donc, ce qui m’a intéressé c’est le parcours de l’écrivaine, qui après avoir fait un “à la manière de…” avec Soul of London s’est approprié le genre, elle l’a mangé, digeré, se l’ait fait sienne. Je n’ose pas faire de comparaison avec un Dickens puisqu’il est unique…mais pas loin, soyons juste, tout y est, les odeurs, le climat, le bruit, la société .

J’ai lu, à travers diverses publications une gêne sur la lenteur du récit, je récuse ces allégations, la lenteur, réelle de la mise en place du récit est un fondement indispensable, c’est d’une justesse rare si on se réfère à la littérature anglaise de l’époque, et quel bonheur que de prendre son temps à rencontrer les personnages et leurs tourments plutôt que de se faire provoquer par un tueur sanguinaire qui vous glace d’effroi à la cinquième page (en ce qui me concerne, qui « m’emmerde” à la cinquième page”) et vous fait lire un récit qui en fin de compte n’a que peu d’intérêt.

Je vais donc saluer Gaëlle qui m’a offert un pur instant de bonheur dans un genre que j’affectionne particulièrement.

 

Ludovic Francioli

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