chronique dora suarez La mort et la belle vie Richard Hugo

On n’a qu’à simplement tourner la tête de l’autre côté et regarder les étoiles pointiller dans ce demi-ciel et c’est tout. Un morceau de ciel sans lune…De préférence. Simone Gelin

Al Barnes, dit La Tendresse, policier las du crime, et poète à ses heures, s’est retiré dans la paisible bourgade de Plains, Montana.
Paisible ? Un double meurtre l’entraîne dans l’enquête la plus trouble de sa carrière et convoque d’anciens cadavres. De fausses pistes en rencontres escamotées, il lui faudra démêler la folie des femmes vénéneuses et d’hommes aveuglés.

Hommage aux maîtres du genres, cet unique roman de Richard Hugo est un savant mélange de noirceur et de poésie. Un coup d’essai et un coup de maître.

TOUGH GUYS DON’T DANCE,” Les vrais durs ne dansent pas” de Norman Mailer roman et film.
Je n’ai pas pu me séparer de ces impressions, ces ressenties. Tout m’est apparu dans le roman de Hugo comme étant une autre métaphore, à l’égal de Mailer de cette société de jeunesse où tout semble permis. On est jeunes, on naît nantis, rien ne peut nous arrêter, pas même la mort, les interdits ne nous concernent pas encore moins la culpabilité-.

Et pourtant, une jeune fille est morte.
Une affaire non élucidée qui éclate à la face de ce monde policé à cause d’une “grande” psychopathe qui assassine des hommes à coups de hache.

Un grand moment de bravoure est la rencontre de Al “la tendresse” et de cette femme plus qu’envoûtante , venue tout droit des enfers de la folie.

Ceci n’est que le prologue de ce roman, un prologue fort déstabilisant car rien ne nous prépare aux liens que devra faire Al “la tendresse” avec ses anciens-nouveaux “amis”.

La structure du roman nous ramène au classicisme du roman noir à l’américaine.
Nous allons retrouver des femmes fatales, des professionnels du porno, des gens “biens”, la haute société. Enfin toute une bande de lâches qui auraient préférés que cette jeune fille, le fruit de leurs désirs les plus abjects ne soit jamais déterrée.

Chez Hugo, c’est la belle vie qui engendre la mort. Et Al “la tendresse” devra entreprendre une drôle de valse, une valse étourdissante pour faire éclater une vérité répugnante.
Chacun veut y aller de son pas de danse, mais les vrais durs ne dansent pas.

 

Ludovic Francioli

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