30 secondes par Massé

30 secondes…
Les 30 dernières secondes les plus importantes de sa vie.
Les 30 dernières secondes de leur vie.
Les 30 dernières secondes dont il arrive à se souvenir.
30 secondes… c’est le laps de temps qu’il leur a fallu pour avoir cet accident.
30 secondes, c’est le temps dont dispose Billy pour retrouver la femme de sa vie… disparue…

Xavier Massé sème les fausses pistes comme le Petit Poucet ses cailloux pour ne pas se perdre, pour le premier c’est très clairement pour nous perdre et nous entraîner dans la complexité de son récit.
Billy est un jeune joueur très prometteur de football américain à Charlotte – USA, mais Billy est aussi un inconscient qui use et abuse d’alcool et de substances illicites, en compagnie de ses congénères il se comporte comme un enfant gâté à qui on ne peut rien refuser, une star du sport à l’américaine, avec magouilles, grosses sommes d’argent et matchs truqués.
En même temps Billy tue un vagabond sur une route de campagne et devient complice du meurtre d’un policier, il sera victime de deux accidents : l’un sur le terrain avec un clash ultra-violent sur un autre joueur qui le laissera inconscient, l’autre en voiture avec sa compagne au volant qui disparaîtra après l’impact, évaporée, envolée…

Vous suivez toujours ?

Nous voilà donc au chevet de Billy sur son lit d’hôpital entreprenant des séances d’hypnose pour tenter de faire remonter ses souvenirs à la surface, aidé en cela par un neurologue bienveillant sous la surveillance d’un policier taiseux.
La vraisemblance se doit de plier devant le récit.
Alors les séances deviennent un jeu de cache-cache dans un décor imaginaire en trois dimensions et surtout une sorte de salle de cinéma refuge pour Billy dans son inconscient où il peut visionner ses souvenirs.

Ca va toujours ?

C’est sans doute parce que Xavier Massé est à l’écriture ce que Billy est au football, un fougueux qui coure vite avec le talent qu’il faut pour se faire remarquer qu’il parvient à entrainer ses lecteurs dans son imagination débridée, et nous on suit derrière ce joueur de flûte (encore une métaphore pour finir) tel ce troupeau de rat quittant Hamelin.