Lorsque les gendarmes de St Malo découvrent un cadavre dans le Combi Wolkswagen d’un marginal, ils ne se doutent pas qu’ils viennent de déclencher un road-trip qui les mènera jusqu’à la région d’Aix-en-Provence, en passant par le Diois et le Massif du Pilat. Le tout au grand dam d’une officine cherchant à instrumentaliser des thèses complotistes afin de renouveler le pouvoir en place…

Un polar prenant entre roman d’enquête policière et aventures périlleuses de détectives amateurs. Une sympathique galerie de héros qui font face à une sinistre bande de fous dangereux.


Vous prenez un marginal d’origine maghrébine, un journaliste au chômage, des barbouzes s’activant à discréditer le pouvoir en place, un groupe de punk-rock en tournée et la police et la gendarmerie complètement dépassées sans oublier un squelette de dinosaure et un cadavre dans un combi.
Secouez bien le tout et vous avez un road trip jubilatoire sur fond d’une trame politique pas très éloignée de ce que nous avons connu dans la vraie vie.
Un peu de documentation :

Les Teorem sont des téléphones ultrasécurisés conçus par Thales et destinés aux communications les plus sensibles des plus hauts représentants de l’Etat. Ce terminal austère, qui n’est pas vendu dans le commerce, est conçu pour chiffrer de manière robuste les communications vocales. La sécurité de la communication dépend des appareils utilisés par les deux correspondants : ils offrent une protection maximale lorsque les deux interlocuteurs utilisent ce terminal

Selon le rapport annuel de l’Anssi, l’agence chargée de la sécurité numérique de l’Etat, 3 325 Teorem étaient utilisés en France en 2017. Ils sont fournis au président de la République et à son entourage, aux ministres du gouvernement, ainsi qu’à certains très hauts fonctionnaires chargés de missions sensibles

Alexandre Benalla a négligé de rendre, après son départ de l’Elysée, son téléphone sécurisé Teorem. Un « oubli » qui s’ajoute à une série de révélations sur les passeports diplomatiques utilisés par l’ancien « monsieur sécurité » du président de la République, 

Revenons à nôtre roman.

Le rythme est soutenu, tous les événements s’imbriquent parfaitement malgré la multiplicité des personnages. L’écriture est fluide, le ton peut être grave le plus souvent (nous sommes dans un polar sur une trame politique) et parfois très humoristique.
Comme une marque de fabrique l’auteur nous invite à suivre des personnages « en marge » que l’injustice fait gronder au point de se jeter corps et âme dans la bataille au mépris de toute sécurité. Un peu fous, rebelles et aventuriers ils ne peuvent opposer aux stratégies des barbouzes que leur intelligence, leur ruse et leur bon sens.

Un polar comme j’aimerais en lire plus souvent.