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Dora-Suarez : L'actu littérature noire

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2023

LE PRODIGIEUX DETECTIVE – C. H. DE BURGH

Le Prodigieux détective, c’est l’histoire de Virgil Lennox, jeune homme frondeur vivant avec son père au fin fond du Nevada, dans la mal nommée bourgade de Perfection.
La vie s’y écoule classiquement, c’est-à-dire assez rudement – nous sommes à la fin du XIXe siècle -, jusqu’à un soir d’orage durant lequel Virgil est foudroyé. À son réveil, il se découvre un don pour l’investigation et se lance dans une succession d’enquêtes qu’il résout avec brio. Fort de ses succès, il part pour la Californie se confronter à d’autres énigmes..

Ce roman est comme un « best-off » de ce que le roman policier et particulièrement le roman à énigme a engendré de ses meilleurs détectives, c’est aussi un roman hommage à toutes ces personnalités du monde des arts ou du spectacle qui ont façonné ce « Nouveau Monde » entre le crépuscule du XIXe et l’aube du XXe siècle.

Ce roman est lui-même une énigme en soi dont je ne dévoilerai bien sûr pas le dénouement qui ne manquera d’en étonner plus d’un.

Alors, roman policier ? roman à énigme ? roman d’aventures ? roman historique ?
Et bien, tout ça à la fois raconté avec une écriture brillante et un extraordinaire sens de la manipulation qui s’installe dès les premières lignes de l’avant propos.

Ce roman a été sélectionné pour le Prix DORA-SUREZ 2023.

AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES – James HOLIN

Il est six heures du matin quand la police défonce la porte du jeune Nolan Dardanus à Bobigny. Les policiers cherchent son frère impliqué dans un trafic de stups. Si le frangin a échappé au commissariat, il reste en mauvaise posture, séquestré par Nacer à qui il doit 100 000 euros. Nolan affranchi par le caïd a jusqu’à 22 heures pour apporter l’argent. Heureusement, il reçoit une lettre d’un notaire de Laon, l’invitant le jour même aux obsèques et à la succession d’un oncle inconnu.
L’occasion de récupérer de l’argent. Le jeune homme fonce en Picardie. Là-bas, l’oncle d’Amérique se révèle être son père. Les présentations avec ses frères et soeurs sont courtes, car le testament les somme de s’entendre sur la succession dans la journée. S’ils n’y parviennent pas, un seul héritera de tout.

James Holin nous prouve une fois de plus que les codes inhérents au genre n’ont aucune prise sur lui. Et là il excelle dans un récit iconoclaste sur une trame très classique -la course à l’héritage dans un temps donné- qui met en scène une galerie de personnages bien déjantés aux motivations plurielles.
Se glisse à l’intérieur de cette famille hétéroclite celui que personne n’attendait : le demi-frère d’origine antillaise qui pour le coup a une motivation vitale puisqu’ il doit payer une rançon à un caïd de la pègre pour négocier la libération de son frère.
Tout ceci donne droit à une succession de situations plus cocasses les unes que les autres entre l’agitation hystérique des uns faisant basculer tout ce petit monde dans une course poursuite tourbillonnante et le calcul froid de certains autres qui atteindra son apogée quand une partie de l’héritage disparait.
Les dialogues sont succulents, les réunions de la famille -notamment chez le notaire- engendrent un chassé-croisé de répliques cinglantes et d’humour ravageur.
Vous l’aurez compris c’est un chef-d’oeuvre d’humour noir qui doit autant à Audiard qu’aux Monthy Python.

Ce polar qui n’en est presque pas un mais pourrait à tous moments le devenir est un régal doublé d’un livre qui fait du bien. C’est bon de rire.

DANS LEUR OMBRE (Une enquête de Wilkes et Bennett)

Le retour tant attendu des deux enquêteurs Wilkes et Bennett. Pour un crime ? Non ! Pour un mariage, celui de Bennett. Mais cet heureux événement dans leur belle Londres victorienne va virer au cauchemar lorsqu’un cadavre s’invite à la fête. Wilkes et Bennett ne sont pas sur l’affaire. Ils devront naviguer entre trahison, mystère et part d’ombre. Dans leur ombre.

Une enquête palpitante de Gaëlle Perrin-Guillet, qui clôture avec brio sa trilogie aux personnages attachants et dont l’écriture nous plonge avec fascination au coeur d’une époque qui marque un tournant majeur pour la police

Cette chronique aurait pu ne jamais voir le jour enfouie qu’elle était dans mes brouillons et je m’en excuse.

Un cadavre découvert sur le lieu même du mariage de Bennett cela veut dire fin de la noce et pour corser le tout l’affaire ne sera pas confiée à notre duo d’enquêteurs mais à l’infâme commissaire Burnett de la division S. Mais cela n’est pas du goût de Henry et Billy qui se lancent malgré tout dans l’élucidation d’une affaire bien plus complexe qu’il n’y parait.
Ce que nous propose l’auteure n’est pas seulement une plongée dans le crime mais bien dans l’exploration de cette fin du XIXe riche en progrès scientifiques et en pleine mutation de la réflexion sur la police, ses méthodes, ses résultats.
Si ce siècle et sa société victorienne n’aura pas été des plus tendres pour la population anglaise – Jack l’Eventreur, la prostitution, les tripots, les bandits à la petite semaine prêts à dégainer le surin, les pick-pockets, la misère – particulièrement en milieu d’urbanisation galopante telle Londres et ses mystères, l’auteure ne nous assène pas une dimension sanglante dans le récit, pas de complaisance.

C’est avec regret que l’on quitte notre duo, pour les laisser sans doute savourer une vie plus paisible. Et je ne doute pas que Gaëlle PERRIN-GUILLET ai encore quelques romans dans sa besace à nous faire partager.

DRAUGEN – Sébastien BOUCHERY

Katy Larson, romancière à succès, revient à Honey Falls, sa ville natale. Son retour va faire ressurgir d’anciens cauchemars, notamment la disparition de l’un de ses amis d’enfance, enlevé par Candel Wax. Ne pouvant résister à la tentation de régler ses comptes avec son passé, Katy Larson décide de retrouver l’homme acquitté au moment des faits et d’en finir avec lui. Mais son chemin est jalonné de pièges et de dangers, car Candel Wax reste l’assassin machiavélique qu’il a toujours été. Une curieuse alliance va alors devoir se former et un duel à mort s’engager.

Un roman qui en 540 pages emmène le lecteur à travers tous les aspects du roman noir.
On y retrouve la sensibilité et la fluidité du récit d’un Stephen KING, la présence du croque-mitaine aussi angoissante que la façade de sa demeure, les magouilles politicardes, l’ultra-violence d’un hard-boiled.
Sébastien BOUCHERY serait-il le maître du cliffhanger ?
Jusqu’à la page 470, impossible de deviner le tournant que peut prendre cette histoire dense, sans concessions dans laquelle nous sommes entrainés depuis les premières lignes du récit.
C’est un livre qui compte dans le paysage du polar et qui devra compter encore longtemps tant je pense qu’il n’a pas effectué le voyage littéraire qu’il mérite.

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