blue

Vous m’avez demandé si c’était fatigant, Docteur, si c’était fatigant de faire tourner ma vie autour d’un livre. Oui, c’est fatigant. C’est mentalement épuisant, éreintant. Une vie où les rêves sont la réalité et la réalité un cauchemar. Mais c’est tout ce que j’ai connu. Et tout ce que je veux connaître. Solomonica de WINTER

Je m’appelle Blue et j’ai treize ans. Je suis une fille sans mots. Vous voulez savoir quand j’ai arrêté de parler ? Le jour où Ollie a braqué une banque pour rembourser ses dettes. Des dettes contractées auprès de James qui voulait s’emparer de son restaurant. Ça c’était avant. Avant qu’Ollie, mon papa, me donne ce livre. Avant qu’il meure. Maintenant que le sourire est tombé de mon visage, je suis accro au silence. Au « Magicien d’Oz ». Et à l’envie incontrôlable de tuer James.

Depuis la mort d’Ollie, tout ce que je me demandais à propos des gens que je croisais dans la rue, c’était s’ils avaient déjà écrasé un oiseau ou un chat. Insulté leur écran de télé. Volé dans un magasin ou frapper quelqu’un au visage.

MAGNIFIQUE !
TRAGIQUE !
POETIQUE !

Blue est une jeune fille en lutte permanente contre le monde entier et particulièrement Daisy, sa mère toxicomane, James, responsable de la mort de son père Ollie. Et puis il y a Charlie, un ado qui travaille à la supérette du coin. Un ado qui partage la même passion que Blue pour le Magicien d’OZ qu’il regarde en boucle sur la télé du magasin. Comme Blue qui ne quitte jamais son livre « Le Magicien d’OZ » offert par son père.

Elle tombe amoureuse.
Elle va devoir se battre pour ne pas dévier de son objectif : tuer James.

On vit avec Blue, ses pensées qui s’entrechoquent toujours entre l’envie de tuer, l’envie de faire du mal, son retrait de ce monde à qui elle n’a rien à dire, et cette perception diffuse de vouloir redevenir comme avant, comme au temps de Ollie.

Ce roman est fascinant par sa qualité d’écriture, de construction, il n’y a aucun temps mort dans ce récit écrit sous forme d’une histoire qu’elle adresse à son psychiatre.

Cet ouvrage, qui n’est pas un thriller à proprement parler, baigne dans la noirceur, la colère et la haine. Noirceur des lieux, des sentiments. C’est une bombe qui vous explose au visage.

Le rapport avec le magicien d’Oz ? Il existe peut être une autre réalité, comme derrière l’arc en ciel du magicien, dans l’histoire de Blue, une réalité qui surprendra plus d’un lecteur.

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