diableDe l’Ohio à la Virginie occidentale, de la fin de la seconde guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Willard Russell, rescapé de l’enfer du Pacifique, revient au pays hanté par des visions d’horreur. Lorsque sa femme Charlotte tombe gravement malade, il est prêt à tout pour la sauver, même s’il ne doit rien épargner à son fils, Arvin.

Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et enlève de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste.

Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Théodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.

La quatrième de couv’, c’est une édulcoration du roman.

Bienvenue dans le monde des « freaks », dans ce que l’Amérique a fabriqué de plus déjanté, le rêve américain réduit à une violence et une psychose rare dans la littérature, à par Mc Carthy ou Flannery O’Connor.

Jamais Mr Pollock ne porte un jugement sur ses personnages, il conte leur histoire, avec un brio qui laisse sans voix, pour enfin les unir et leur faire partager un destin qui conduit directement à la mort.

Ils ont perdus d’avance, enfermés dans une spirale infernale, l’enfer est sur terre et Donald Pollock le prouve.

Un petit catalogue de l’Enfer :

– un arbre à prières entourés de sacrifices

– un prédicateur qui tue sa femme pour prouver qu’il a le don de réveiller les morts.

– un bluesman handicapé et pédophile

– un Shériff véreux, accessoirement tueur à gages

– un obèse tueur en série, qui ne fait que de la « photo d’art »

– la sœur du shériff qui se prostitue et fait partie des « photos d’art ».

– un pasteur lubrique qui aime « la chatte fraiche», au nom de Dieu

– un cirque itinérant avec un clown travesti et une femme pélican

Mais dans quel monde allez-vous vous trouver à la lecture de ce roman, mais bien sûr dans l’Enfer de l’Amérique, celle qui vient de remporter la guerre du Pacifique, et celle qui s’affronte au Vietnam, avec son lot de hippies, les cheveux longs, la lie de l’Amérique a trouvé pire qu’elle, les « hippies ».

Le « trou du cul » de l’Amérique a trouvé son troubadour en Donald Ray Pollock.

pollock

Originaire de l’Ohio, Donald Ray Pollock a été ouvrier dans une usine de pâte à papier pendant trente-deux ans.

« Voici un livre violent, obsédant, déchirant et vraiment excellent. Une chose est certaine : vous lirez chaque mot, du premier jusqu’au dernier. » The Washington Post.

 

Publicités