Chronique Dora-Suarez La-mort-selon-Turner Tim WillocksÉteins-toi, éteins-toi, court flambeau, et tous nos hier n’ont fait qu’éclairer pour des fous le chemin de la mort poudreuse. William Shakespeare

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis avant de disparaître. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Cap-Nord, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse dont tout le monde se fout ? Dans un pays gangrené par la corruption, tout le monde en effet s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir de la Criminelle.
Lorsque celui-ci arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation est terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice à tout prix et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Le fauve Willocks est lâché !

Il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. On retrouve dans ce Dora-Suarez Tim Willockstableau au couteau de l’Afrique du Sud tout le souffle et l’ampleur du romancier, alliés à une exceptionnelle force d’empathie.

Tim Willocks est romancier, scénariste, producteur, psychiatre et grand maître en Arts Martiaux. Il est né en 1957 en Angleterre.

Cinq romans exceptionnels et on attend avec impatience le troisième volet de la trilogie de Mattias Tannahauser qui fera suite à La religion et Les douze enfants de Paris.

Revenons à Turner, l’homme qui incarne la justice, prêt à mourir, et parfois dans des conditions atroces, prêt à tuer aussi, pour que justice soit faite.
Un homme cerné par les trahisons, les mensonges qui devra lutter seule face à une meute résolue à le faire disparaître par tous les moyens.
C’est un roman d’une extrême violence, mais une violence lyrique, les “gunfights” sont des ballets parfaitement orchestrés, les échanges de paroles, tout à la fois des poèmes et des sentences.
La capture de Turner dans le désert est un morceau d’anthologie de la cruauté qui signe sa détermination à aller jusqu’au bout de son œuvre, une œuvre christique, une résurrection qui prédit le châtiment.
C’est beau, il y a chez Willocks une vigueur d’écriture à nul autre pareil.

Tim Willocks c’est Alexandre Dumas revu et corrigé par James Ellroy. L’Express

Son talent d’écriture, la mobilité de sa narration, emportent tout. Le Monde des livres

 

Interview de Tim Willocks : http://www.bookslut.com/features/2007_03_010886.php

Adaptation cinématographique de Bad City Blues :

Ludovic Francioli

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