marque« Je l’ai tué parce qu’il m’avait tué… »

 N’est-ce pas un bon point de départ ?

Le prologue de sept pages m’a immédiatement scotché au roman, pleins d’images ont surgies, des images cinématographiques comme « le salaire de la peur », la chaleur, la saleté, la violence très esthétique dans cette brutalité inéluctable, cet homme doit mourir, pourquoi ? Il faut prendre son bonheur de lecture en patience pour voir se coller les pièces qui amèneront au dénouement qui est d’ailleurs parfaitement imprévisible.

Le livre 1 nous permet de faire connaissance avec Amédée Mallock et d’en savoir un peu plus sur le mort, tellement plus que je me suis pris à regretter que sa fin fût si foudroyante, rétrospectivement mon sadisme s’est manifesté.

Quant à Mallock, que je ne connaissais pas, je l’ai immédiatement adopté, débonnaire mais intraitable et comme nous le découvrirons au fil du récit, un investigateur hors pair doté d’une capacité de reflexion qui fait de lui un flic atypique, sans parler de son acharnement.

« Chez Mallock, tout est grand, tout est lourd, son ventre et son cœur, ses mains et ses colères. Alors pourquoi en serait-il autrement de ses douleurs? Sa tristesse pèse des tonnes. »

Car Mallock, ce géant, cet ours qui règne en maître sur son service surnommé « Fort Mallock », peut parfois s’écrouler en larmes dans son intimité, transformé en une boule de souffrance.

A partir du livre 2, un puzzle diabolique se met en place, nous promenant alternativement de l’enquête actuelle à des réminiscences d’un passé peu glorieux pour certains français qui s’étaient voués au nazisme avec parfois comme seule conviction la possibilité d’exercer leur pouvoir sadique sur d’autres hommes, le droit de torturer, mutiler, tuer.

Les réminiscences de ce passé n’épargnent pas le lecteur, il y est question d’une sauvagerie et d’une abjection rare qui m’a bouleversé. C’est une peinture qu’aurait pu mettre en images Quentin Tarrantino (rappelez-vous de « Unglorious bastards »).

Laissez-vous happer par ce diable d’écrivain qu’est J-D Bruet-Ferreol alias Mallock. Une bien belle expérience de lecture.

Retrouvez la chronique de Mallock : Les visages de Dieu.

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