chronique dora suarez - a la frontière - cendrine bertani

Les hommes sont les mêmes partout : les frontières ne figurent que dans nos âmes. Mais ne dis à personne que la seule vraie patrie de l’homme, c’est l’homme ! On te prendrait pour un poète. Ce qui est pire que tout.

 Ce n’est pas un voyage classique. Nous allons sortir des sentiers battus, explorer les bas-fonds, aborder des sujets épineux.
L’Amérique veut nous montrer des sites majeurs, reflets de sa réussite. Votre guide, aborde tous les thèmes, d’autres paysages, des lieux de crime, des scènes d’attentat.
Je vous souhaite d’échapper aux cinglés dont le cerveau est lessivé par les drogues, aux machos ultranationalistes, aux prédateurs et aux esprits vengeurs.
Cette société corrompue est évidemment la nôtre.

L’art de la nouvelle est un art littéraire fort ardu, particulièrement en France où le public est réfractaire à cette lecture, de mes connaissances, à part François Boulay et les auteurs écrivant pour la collection ”Dora-Suarez présente” j’ai bien du mal à trouver des ouvrages en dehors des premiers écrits de Sire Cédric ou de Laura Sillhole. Peut-être est-ce un héritage culturel qui a cantonné la nouvelle dans un genre héritier de Maupassant ou de Jean Ray, comme une expression mineure de la littérature. Outre-Atlantique, ou encore dans les pays Méditerranéens, cette expression reste vivante.

Je salue donc Cendrine Bertani de porter haut et fort ce “genre”, qu’il appartienne au fantastique, au polar, ou à la littérature noire au sens large du terme.

Des tranches de vies coupées dans le vif de l’instant.

J’en veux pour exemple la nouvelle “Auto-stop” ou encore “Mea culpa” qui sont les deux chefs d’œuvre de l’auteur dans ce recueil.
Quand les poils se hérissent à la lecture, c’est que vous êtes transportés dans cette dimension qu’est la lecture, et un lecteur ne peut être transporté que par la magie de l’écriture, du récit qui s’insinue en soi et la brièveté du conte qui nous précipite dans sa chute.

Un magnifique coup d’essai cette compilation.

Je vous confie que Cendrine Bertani vient d’écrire une nouvelle remarquable pour le tome 7 de la collection “Dora-Suarez présente” à paraître en Mars 2019.

Très bonne lecture à toutes et tous, la nouvelle est une “forme” dans la littérature, non pas un genre.

 

Ludovic Francioli

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